Le Comité fédéral de l’open market – À vos marques, prêt, haussez 

Fin imminente de la politique monétaire de taux nul

Nous ne savons pas si la Fed augmentera le taux de financement à un jour à une seule ou plusieurs de ses réunions prévues en septembre, octobre ou décembre, mais nous pensons qu’elle devrait le faire. Les marchés ont profité d’une politique monétaire de taux nul pendant plus de six ans et ont développé une certaine accoutumance ou dépendance à une politique monétaire ultra-accommodante. Cela a mené à quelques excès au sein du système financier, qui pourraient occasionner de plus gros problèmes avec le temps. De plus, les conditions actuelles peuvent difficilement justifier des taux à un jour aussi exceptionnels. L’économie américaine a progressé de 23 % au cours de cette période de six ans, en termes nominaux, et la plupart s’entendent pour dire qu’elle est suffisamment robuste pour surmonter une hausse des taux. Ce temps est arrivé. Toutefois, cela oblige le marché à opérer une transition difficile entre un important soutien monétaire et une croissance dictée par les données fondamentales. Le passage du flambeau n’est jamais facile.

L’économie américaine est en expansion, mais tout n’est pas parfait pour autant. La montée rapide du dollar a certainement nui à la compétitivité des exportations et entravé les bénéfices des entreprises très actives à l’étranger. Ce frein à la croissance économique américaine stimule par ailleurs l’économie mondiale. Les entreprises internationales deviennent plus concurrentielles et le consommateur américain peut facilement se permettre d’acheter davantage. L’énergie – ou  l’effondrement des dépenses des entreprises pour l’extraction de combustibles fossiles – a plombé les marchés et l’économie. Les bénéfices des entreprises énergétiques ont diminué de moitié au premier trimestre et les prévisions pour 2015 ont été ramenées de 50 $ à 20 $. Cela a contrecarré la croissance des bénéfices pour l’indice composé, malgré beaucoup de bonnes nouvelles dans d’autres secteurs. Toutefois, cet obstacle commence à se dissiper. Et alors que la baisse des prix de l’essence à la pompe a été transformée en épargne au premier semestre, des signes montrent que les dépenses de consommation s’accélèrent. 

Les autres nouvelles sont très positives. La grève qui a paralysé l’activité portuaire au premier trimestre stimule une croissance plus forte pour ce trimestre et les trimestres à venir grâce à un certain rattrapage. À 4,4 %, le revenu de la paye, qui tient compte de la croissance des salaires et de l’emploi, devrait continuer d’encourager la consommation. Le raffermissement du secteur de l’habitation se poursuit, ce qui favorise une accélération des mises en chantier. Enfin, la situation de l’emploi continue de s’améliorer, ce qui commence à exercer des pressions sur les salaires.

Prise isolément, l’économie américaine justifierait non seulement une hausse des taux de financement à un jour, mais aussi des taux obligataires. Le cours de l’obligation du Trésor américain à 10 ans a baissé, ce qui a fait grimper le taux de moins de 1,8 % en janvier à entre 2,2 % et 2,45 %. En ce moment, les taux se situent dans le haut de cette fourchette. 

La conjoncture mondiale devient un peu plus préoccupante. Sur le plan économique, la plupart des pays enregistrent une croissance lente, à l’exception de la Russie et du Brésil principalement. Outre l’économie, deux facteurs risquent d’influencer la décision de la Fed : la Grèce et la Chine. L’impact économique de la Grèce est très limité, même si le pays risque encore de faire les manchettes et de provoquer de brefs mouvements vers la sécurité. Évidemment, cela pourrait changer. La Chine représente une plus grande menace au moment où sa bulle boursière se dégonfle, et l’objectif de croissance de 7 % du gouvernement pourrait être beaucoup plus difficile à atteindre. Cela risque-t-il d’avoir des répercussions sur d’autres marchés, et de quel ordre?

Si les statistiques économiques continuent de s’améliorer aux États-Unis, il y a de bonnes chances pour que les taux obligataires augmentent. À moyen terme, les marchés boursiers devraient pouvoir surmonter une hausse des taux obligataires soutenue par des données économiques positives. Cependant, à court terme, ce sera plus difficile. Au moment où les valorisations boursières sont un peu élevées et où les bénéfices ralentissent, des taux obligataires plus élevés risquent de compliquer les choses. 
Nous sommes toutefois optimistes pour la deuxième moitié de 2015, même s’il faut s’attendre à une période plus agitée et éprouvante
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Le temps de passer le flambeau

Perspectives trimestrielles
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