Un réveil brutal pour le pétrole

Nouvelle réalité : La chute des prix du pétrole offre des occasions à court et à long terme

Beaucoup de choses ont été dites sur la nouvelle réalité qui frappe le marché mondial de l’énergie. Les jours du « pic pétrolier » sont derrière nous, et les producteurs sont maintenant confrontés à une surabondance sans précédent. Cela montre bien comment la technologie peut réinventer une industrie établie depuis plus d’un siècle. Bien que la demande à long terme reste, le jeu d’équilibre à court terme nécessite de prendre plusieurs facteurs en considération. 

Les rendements négatifs des titres énergétiques ont pesé lourdement sur les marchés financiers, une situation que les Canadiens ne connaissent que trop bien. Les conditions à court terme pointent cependant vers un nouvel équilibre, compte tenu de la hausse de 30 % du cours du West Texas Intermediate depuis août dernier. Le marché s’équilibre principalement en ajustant l’offre à la baisse pour rejoindre la demande, et c’est exactement ce qui s’est produit. En raison d’une baisse de 62 % du nombre de plateformes de forage en exploitation, l’offre aux États-Unis a baissé à peu près au niveau de décembre dernier. La croissance de la demande pourrait ne pas être aussi rapide que prévu alors que la Chine s’efforce encore de comprendre ce que signifie réellement l’expression « atterrissage en douceur ». Les perspectives sur les prix restent incertaines, mais il est généralement accepté que les prix devraient rester bas encore un moment

Un réveil brutal pour le pétrole 

Le faible prix du pétrole a eu des effets considérables. Près de seize mois après les premiers signes d’effondrement en juillet dernier, plusieurs des possibilités entrevues alors se sont concrétisées comme prévu. Les consommateurs sont les grands gagnants de la situation, profitant directement des dividendes du pétrole, le terme employé pour décrire le revenu disponible additionnel lié à la réduction des coûts en énergie du ménage. Les détaillants ont également dégagé de bons rendements, affichant une croissance de 36,4 % aux États-Unis. En règle générale, les actions des sociétés de transport n’ont pas connu une hausse importante au cours de cette période. En fait, le secteur du transport aux États-Unis a affiché une baisse de -1,0 %. Cette réduction est attribuable à deux facteurs principaux : 1) la perte de revenus liée à la réduction de la quantité de pétrole transporté (pétrole brut par voie ferrée), et 2) le fait que plusieurs sociétés ont tout simplement transféré le coût de la réduction aux clients finaux. 

Graphique - Les réactions par rapport à la demande initiale se sont fortement stabilisées

Comme nous l’indiquions dans un rapport « Jerk » plus tôt cette année : « [...] Nous pouvons affirmer que le vrai « rebondissement » pourrait être la baisse du prix du pétrole, car elle mènerait à un taux d’inflation plus faible. Une telle situation nourrirait alors les craintes d’un éventuel ralentissement de la croissance économique. Nous ne croyons pas que cette situation se concrétisera, mais la croissance pourrait brièvement devenir une source d’inquiétude. » Eh bien, les pressions liées à l’inflation ont été atténuées, réduisant de ce fait le rendement obligataire, et les craintes liées à la croissance sont justifiées. La Chine est en partie responsable, mais le faible taux d’inflation est aussi à blâmer. Le dollar américain s’est apprécié de plus de 20 %, mais stagne depuis la fin janvier. 

Nous avons constaté une légère amélioration du prix du pétrole à mesure que l’offre s’est resserrée. Bien qu’une plus faible croissance de la demande demeure un risque important pour ce qui est de la prévision des coûts, nous pensons que la croissance de la demande demeurera constante par rapport aux attentes actuelles. Étant donné le décalage relatif aux changements du nombre d’installations de forage en production, nous prévoyons une baisse de la production étant donné que le nombre d’installations de forage aux États-Unis ne cesse de diminuer à des creux records

Et maintenant? Que fait-on?

Les investisseurs devraient garder les pieds sur terre et se concentrer sur les éléments qu’ils peuvent contrôler. Vous pouvez contrôler vos investissements de manière à profiter plus longuement des effets indirects du faible prix du pétrole. Il s’agit d’accepter l’incertitude à court terme, et de cibler les possibilités à long terme qu’offre une telle situation. 

Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, les dividendes du pétrole aident à relancer l’économie mondiale, et favorisent de ce fait la croissance. Pour l’heure, nous pensons encore à la déflation possible et, en raison de la temporisation, nous attendons toujours de voir les vrais avantages de cette baisse. Voici quelques réflexions précises sur les incidences réelles et probables sur les portefeuilles. 

Les consommateurs sont les grands gagnants de la situation, car ils jouissent d’une plus grande flexibilité financière du fait de la chute des dépenses en énergie de 17 % pour le ménage moyen. Les gains et les pertes associés au prix du pétrole entre les producteurs et les consommateurs s’annulent; l’effet net sur l’activité mondiale est positif.

  • Les détaillants ont profité d’une hausse des dépenses discrétionnaires et ils ont enregistré des recettes faciles. Ils craignent quand même que les résultats sur douze mois ne seront pas aussi bons pendant les Fêtes. 
  • Les restaurants ont profité, et continueront de profiter, de la situation. C’est tout particulièrement le cas des chaînes de restauration rapide, car ce sont leurs clients qui tirent le plus avantage du faible prix du pétrole. 
  • La technologie, principalement les technologies axées sur le consommateur.
  • Les télécommunications ont profité d’une hausse des dépenses discrétionnaires. Plutôt que d’acheter des biens, les consommateurs risquent de s’abonner à des programmes de services supérieurs.
    Loisirs et style de vie, exploitants de croisières, parcs d’attractions. 
  • Les producteurs d’aliments transformés continueront d’afficher des marges en hausse, étant donné qu’une grande partie de leurs coûts concernent le transport et l’essence. Ce que les consommateurs épargnent sur le prix du pétrole, ils le dépensent en produits alimentaires discrétionnaires. La volatilité réduite du taux de change devrait également aider les multinationales.
  • Les fabricants de voiture : moyennement positif, demande accrue pour de gros véhicules, lesquels offrent de meilleures marges

L’industrie pétrolière se classait au deuxième rang parmi les payeurs de dividendes, derrière le secteur financier. Étant donné les difficultés que connaît le secteur des produits de base, certaines sociétés ne pourront pas compter sur le flux de trésorerie disponible pour financer le versement de dividendes. La sécurité des dividendes est une préoccupation réelle et permanente; les investisseurs à la recherche de bons rendements sont en présence d’un véritable défi en ce qui concerne les recettes. Pour la stabilité, on doit se tourner vers les grandes sociétés de pétrole et celles qui, au fil du temps, ont démontré qu’elles étaient disciplinées en matière d’investissement en capital. De plus, il convient de noter que les obligations émises par les producteurs de pétrole et de gaz ont chuté, ce qui concerne tant les obligations de première qualité que les obligations de pacotille.

La consolidation offrirait notamment des possibilités intéressantes, en ce sens que les sociétés productrices de pétrole et de gaz de qualité supérieure pourraient acquérir de plus petits concurrents endettés qui dépendent du coût élevé du pétrole pour survivre. La proposition d’achat de Suncor visant l’achat de Canadian Oil Sands en est l’un des premiers exemples. Il est encore trop tôt pour savoir s’il s’agit d’une tendance, mails il semblerait que les candidats à l’acquisition jouissent déjà d’une légère prime. 

D’ici la fin du quatrième trimestre, les effets sur douze mois du faible coût du pétrole et de la force du dollar devraient dissiper les craintes de déflation à l’échelle mondiale. Si la Réserve fédérale n’augmente pas ses taux d’ici là, nous pensons que les discussions ne feront que prendre de l’ampleur en janvier. Les pressions relatives à l’inflation s’amplifieront, et nous constaterons peut-être de meilleurs rendements obligataires à ce moment-là. Les sociétés du secteur financier, notamment les sociétés d’assurances, et les banques, profiteront directement d’une hausse des taux. De plus, les détaillants et ceux qui ont obtenu de bons résultats en 2015 n’auront pas la même chance en 2016, mais la comparaison sur douze mois par rapport aux sociétés productrices d’énergie pourrait les avantager. L’apathie n’est pas une stratégie. Il faut plutôt positionner son portefeuille de façon à profiter des occasions futures.


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